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La mémoire et l’histoire, Robert FRANK
Donner la parole au témoins, c’est solliciter sa mémoire. Et
cette mémoire-source, on l’a assez dit dans les pages précédentes,
peut et doit être traitée par l’historien comme une source ordinaire,
à la condition, sans doute, qu’il invente une méthodologie particulière,
adaptée aux objectifs de sa recherche.
Mais, de plus en plus, il considère la mémoire sous un second
angle. Prise globalement, avec ses vérités et ses mensonges,
ses lumières et ses ombres, ses troubles et ses certitudes, elle s’offre
à lui comme un objet d’étude. Pour ce travail, les sources orales
sont plus indispensables que jamais, et changent de fonction : elles
sont moins appelées à fournir des renseignements sur les faits
tels qu’ils se sont passés, qu’à se laisser étudier comme
monuments significatifs de la façon dont ils ont été
représentés et remémorés. Si la mémoire
est une source imparfaite pour l’historien, ce sont précisément
ces imperfections et ces défaillances qui légitiment la transformation
de la mémoire en objet d’histoire.
Réfléchir sur cette inversion des perspectives nécessite
d’abord un retour sur la mémoire-source, c’est-à-dire sur le
rôle de la mémoire et de la subjectivité dans la constitution
des sources orales.
On répétera banalement et inlassablement que les souvenirs rassemblés
par écrit ou par oral sont à passer au crible de la critique,
à croiser avec d’autres informations, comme n’importe quel autre renseignement
glané. Oui, le témoignage reconstruit l’événement
à sa manière. La belle affaire ! au même titre que
les sources écrites et les archives, tout aussi empreintes de subjectivité
reconstructrice.
Il faut cependant avoir à l’esprit une série de différences
essentielles, qui caractérisent l’enquête orale et contraignent
le chercheur à une vigilance supplémentaire et réflexive,
tant face au témoin que contre lui-même. D’abord, la mémoire
du témoin reconstruit le passé, alors que l’archive classique,
contemporaine de l’événement, reconstruit le présent.
L’interviewé reconstitue ce passé à la lumière
de la suite de son histoire, en fonction de son présent, - c’est « le
handicap de la posteriori » dont parle Jean-Jacques Becker, pour une postérité rêvée,
alors que la source écrite opère sa reconstruction en fonction
d’autres enjeux du présent, et à la lumière de projets
concrets d’un avenir à construire. Dans un cas, trois temporalités
sont en cause ; dans l’autre, deux seulement, et elles sont instrumentalisées
d’une manière différente. D’autre part, la source orale est
contemporaine de l’historien et non de l’événement. Ainsi, en
convoquant la mémoire de son prochain, l’enquêteur provoque la
source et participe à sa fabrication matérielle, en même
temps que son interlocuteur, dans un échange à la fois fécond
et dangereux. L’intersubjectivité qui en résulte implique que
la subjectivité de l’historien, existentiellement imbriquée
à celle de l’autre, laisse une empreinte indélébile dans
la source fabriquée. Au contraire, dans le traitement historique d’une
dépêche diplomatique ou d’un rapport de préfet, la subjectivité
historienne se juxtapose d’une façon seulement volatile à la
subjectivité du haut fonctionnaire de l’époque. Dans le maniement
de ses sources orales, l’historien-enquêteur doit faire preuve de sens
non seulement critique mais autocritique, avant même d’exercer ce talent
au stade de l’interprétation historique. Lorsqu’elles deviennent des
archives orales
accessibles à l’historien du futur, celui-ci verra aussi doubler
ou tripler son travail critique, tant à l’encontre du témoin
que de l’interviewer : ce qui suppose une bonne connaissance à
la fois de l’époque de l’événement remémoré,
du temps et du contexte de l’enquête effectuée, ainsi que de
l’historiographie et des problématiques - fatalement dépassées
- contemporaines de l’historien-enquêteur.
La banalisation du statut de la source orale dans la communauté historienne
française prouve que ce mode d’investigation a finalement emporté
la victoire. Précisément, l’assaut des critiques et la répétition
des conseils de prudence ont permis l’affinement de l’outil et l’abandon de
l’illusion qu’une histoire de substitution était née, une histoire
avec l’oralité comme seule base, l’ « histoire orale ».
Prendre celle-ci à la lettre reviendrait à réduire l’histoire
à la mémoire, alors même que l’une se distingue fondamentalement
de l’autre. L’histoire
et la mémoire s’emparent du passé, l’une pour l’analyser, le
décortiquer, le démythifier, le rendre intelligible au présent,
l’autre au contraire pour le sacraliser, lui donner une cohérence mythique
par rapport à ce même présent, afin d’aider l’individu
ou le groupe à vivre ou à survivre. Critique, l’histoire a pour
but la recherche de la vérité ; clinique ou totémique,
la fonction de la mémoire est la construction ou la reconstruction
d’une identité.
L’historien faillirait évidemment à sa tâche, si, subjugué
par ses sources orales, il succombait aux sirènes de la mémoire
des autres et tombait dans les pièges de leur subjectif. Mais il se
priverait d’un immense champ de recherche, s’il se limitait à la banale
et indispensable règle de la critique historique et refusait d’inverser
la perspective d’un point de vue herméneutique : utiliser et interpréter
ce qui lui paraît suspect et peu fiable dans la mémoire pour
contribuer à une histoire objective de la subjectivité. Cette
intervention implique deux choses : l’historien ne se contente pas de
faire l’histoire de l’événement jusqu’à nos jours ;
il ne se cantonne pas dans l’histoire du temps passé, celui de l’événement,
plus ou moins bien remémoré par le témoin, mais se place
délibérément dans la problématique de l’histoire
du temps présent, le sien propre et celui de son interlocuteur. Pour
quoi faire ? Pourquoi sortir de la douce quiétude de l’enquête
érudite sur le passé, circonscrit dans sa réalité
et dans son temps ? Y a-t-il au autre intèrêt que spéculatif
et heuristique ? Oui, parce que la connaissance du passé dit « objectif »
ne suffit pas à expliquer le présent, et qu’il faut y ajouter
la connaissance de la perception présente du passé. Ce « présent
du passé » est précisément la mémoire,
et l’étude savante de celui-ci permet de mieux comprendre l’identité
qu’elle a pour fonction de structurer. Ainsi, lorsqu’une nation, une collectivité,
une entreprise, ou une administration veulent mieux se connaître au
présent, elle doivent analyser les composantes de leur identité
et, pour ce faire, non seulement évaluer leur passé tel qu’il
s’est déroulé, mais diagnostiquer la place que ce passé
s’est fait ou qu’on lui a faite dans leur imaginaire présent. Comprendre
les mécanismes d’une culture d’entreprise, passe par l’histoire de
l’entreprise et l’histoire de la mémoire de cette entreprise.
Dès lors que l’on se place aussi dans cette seconde logique, l’a posteriori
de la source orale et le jeu sur les trois temporalités ne sont plus
des handicaps, mais au contraire des avantages, puisque ce laps de temps entre
le passé raconté et le présent, en fonction éventuellement
de l’avenir, est la matière même de l’étude. Que la source
orale soit provoquée ne constitue plus un inconvénient non plus,
loin de là, car la mémoire a besoin d’être réveillée,
et l’intersubjectivité entre l’enquêteur et le témoin
devient une saine et féconde interactivité entre l’historien
et la mémoire dont il se propose de faire l’histoire.
La mémoire qui intéresse l’historien est évidemment la
mémoire collective, et le témoignage oral est loin d’être
la seule source pour en retracer l’histoire. En étudiant les commémorations
de la Seconde Guerre mondiale depuis 1945,
l’IHTP a eu très peu recours à ce mode d’investigation, puisque
la commémoration, un des multiples vecteurs de la mémoire collective,
était tout ensemble l’objet de l’étude et la principale source
pour la mener à bien. De même pour Henry Rousso qui a retracé
la mémoire de Vichy dans la société française
de 1944 à nos jours. A travers les cérémonies,
les livres, les films, la presse, les médias, les procès, les
« affaires », les publications des associations, l’historien
rencontre un assez grand nombre de manifestations de la mémoire ou
des mémoires de la France des années noires pour en faire l’histoire.
Pourtant, l’enquête orale peut fournir un riche matériau sur
un tel sujet, et a fortiori sur l’histoire d’autres mémoires, pour lesquelles on disposerait
de moins de ressources. Cette méthode part cependant d’un présupposé
et pose question, une question préjudicielle : le passage du singulier
au collectif est-il automatiquement valide ? la mémoire individuelle
est-elle une bonne source pour écrire l’histoire de la mémoire
collective ? est-ce la multiplicité des interviews et leur savant
échantillonnage qui assureront une bonne représentativité ?
Maurice Halbwachs minore l’individu dans sa réflexion sur la mémoire
et affirme le primat de la mémoire collective. De cette interprétation,
il ne faut pas conclure, malgré les apparences, à l’invalidité
de la mémoire individuelle, bien au contraire. Selon lui, celle-ci
n’existe que par les « cadres sociaux » qui la déterminent.
En d’autres termes, la mémoire collective est la condition premières
des mémoires individuelles, mais en même temps, elle n’a de réalité
et ne peut se réaliser que dans sa ré appropriation par les
mémoires individuelles. Si la mémoire est avant tout collective,
ce sont malgré tout les individus qui se souviennent, dans les cadres
assignés par la société. Les mémoires
individuelles sont plus des effets que des facteurs de la mémoire collective,
et, de celle-ci, l’individu est donc finalement un exceptionnel réceptacle
et vecteur à la fois. D’autant que, situé à la croisée
des mémoires de plusieurs collectivités, il les intériorise
toutes selon un assemblage qui lui est propre.
Il convient en effet de distinguer les différentes composantes de la
mémoire collective qui se mélangent dans la chimie réorganisatrice
de la mémoire individuelle. Plusieurs classements sont possibles. A
travers l’étude des commémorations, nous en avions proposé
un, qui mérite d’être affiné
: au niveau de la nation, la « mémoire officielle »,
celle des instances de l’Etat, tente par la glorification, la mythification
ou l’occultation, de forger et de maintenir une identité et une mémoire
nationale ; les « mémoires de groupes »,
celle des acteurs, des partis, des associations, des militants d’une cause,
des volontaires de la lutte contre tel ou tel oubli - ce qui suppose aussi,
évidemment une mémoire sélective - travaillent également
dans le sens d’une construction identitaire ; la « mémoire
savante », celle des historiens, au contraire décapante,
démystificatrice et donc délétère, finit malgré
tout par influencer la mémoire collective et la contraint à s’adapter ;
enfin, avec la « mémoire publique », cette « part
diffuse, indéfinissable et fluctuante de la mémoire collective », ou,
préférons l’expression retenue par Henry Rousso, avec la « mémoire
diffuse », on
trouve l’enjeu fondamental des porteurs des autres mémoires précédemment
citées, c’est-à-dire les mémoires organisées,
qui font tout pour la solliciter, l’influencer et la conquérir.
Ce qui est dit là pour la mémoire de la collectivité
nationale peut s’appliquer à toute autre mémoire collective.
La mémoire de groupe est aussi une mémoire collective, au sein
de laquelle la « mémoire officielle » est celle
des instances dirigeantes, la « mémoire de groupe »,
celle des sous-groupes qui composent le groupe considéré (fractions,
générations, communautés géographiques, etc.),
la « mémoire publique » ou « diffuse »
correspondant à la part de la mémoire fluctuante, vécue
ou acquise hors du groupe ou du sous-groupe.
Dans une thèse récente et tout à fait remarquable, Marie-Claire
Lavabre montre comment une mémoire collective
très structurée et organisée, celle des communistes,
n’en est pas moins complexe, impossible à réduire au schéma
unique de mémoire falsifiée, et riche de contradictions entre
les générations de militants dont le vécu est différent,
entre les souvenirs puisés dans le fonds commun national ou républicain
et les souvenirs militants forgés par le Parti. Une autre classification
est proposée : la mémoire collective est faite de l’interaction,
variable et modulée, entre la « mémoire historique »
qui n’est pas la mémoire savante des historiens, mais qui est l’appropriation
officielle et sélective de souvenirs historiques par le groupe, et
la « mémoire commune » qui « l’ensemble
des souvenirs vécus par les individus et réinterprétés
par le groupe », condition nécessaire pour que la mémoire
collective soit une « mémoire vive ».
Bref, à titre de synthèse entre ces interprétations différentes,
le témoin dont on sollicite la mémoire individuelle, livre un
témoignage révélateur d’une mémoire collective,
elle-même soumise à l’interpénétration de diverses
mémoires et tiraillée entre la mémoire de groupe et la
mémoire diffuse (il n’y a pas que du communiste dans la mémoire
des communistes), entre la mémoire officielle ou historique et la mémoire
commune (l’image de De Gaulle est, après la mort de ce dernier, négative
chez les communistes entrés au Parti sous la Ve République,
et positive chez les communistes résistants).
Pour décortiquer cette mémoire stratigraphiée, Marie-Claire
Lavabre a croisé sources écrites et enquête orale. Pour
celle-ci, elle a dû s’y prendre à trois fois avec ses témoins :
une première série d’entretiens, non-directifs, visait à
susciter des souvenirs sur l’histoire du parti communiste, mais les résultats
furent décevants, car le cadre, « préstruturé »
autour de l’institution, ne laissait émerger que la mémoire
officielle de groupe ; une seconde série, fut nécessaire
sous la forme « d’histoires de vie », donnant des matériaux
plus riches, laissant émerger davantage des fragments de mémoire
diffuse, en accord ou non avec la mémoire officielle ; le troisième
type d’entretiens, fondé sur la présentation d’une vingtaine
de photographies, une sorte d’album de famille, a fonctionné comme
un « aide-mémoire », pour reprendre l’expression
des anthropologues : faisant appel à des souvenirs nationaux,
communistes ou soviétiques, il a permis de faire parler sur des sujets
oubliés qui n’avaient pas été abordés spontanément,
ou qui étaient jusqu’alors passés sous silence.
La mémoire n’est pas conservation, mais reconstruction du passé
à partir du présent. Elle est par essence sélective,
et l’oubli est une des formes privilégiées de son organisation,
servant à structurer l’identité individuelle ou collective.
L’histoire de l’oubli et l’histoire de la mémoire font une et renvoient
à l’histoire de cette identité. L’oubli est soit involontaire,
soit le résultat d’un acte volontaire, l’occultation. A vrai dire,
il est bien difficile de faire la chasse à ces souvenirs enfouis, cachés,
ou refoulés.
Le « test projectif » utilisé par Marie-Claire
Lavabre dans sa troisième série d’entretiens est à ce
titre intéressant. Alors que les enquêtés sont restés
silencieux sur Staline lors des entrevues précédentes, la photo
d’époque du « petit père des peuples »
déchaîne la critique chez des jeunes communistes et au contraire
une joie réelle chez un vieux militant communiste, sur qui le « mythe
stalinien » l’emporte manifestement sur les effets de la déstalinisation :
la montée de cette petite bulle de souvenirs frais, ce coup soudain
de nostalgie pour un passé doublement révolu (Staline est mort
et démythifié) donnent chez lui libre cours à une apologie
inattendue. La petite photo jaunie, telle la « petite madeleine »
a fait merveille pour montrer que la distinction effectuée par Marie-Claire
Lavabre, entre « poids du passé » et « choix
du passé » s’avère tout à fait opérationnelle.
La mémoire communiste « choisit » plutôt
de ne pas évoquer Staline, mais lorsqu’elle est sollicitée,
elle révèle chez un ancien la « trace »
laissée, alors qu’aucune empreinte n’a marqué la « mémoire
vive » des plus jeunes, qui, sur cette question, expriment une
opinion plus « convenable » et plus conforme aux représentations
de la mémoire officielle du Parti.
Le silence n’est donc pas nécessairement oubli. Il est des silences
bien plus lourds que ceux précédemment évoqués.
A travers les témoignages de trois rescapés d’Auchwitz-Birkenau,
Michael Pollak a disséqué
le langage de la mémoire meurtrie et exploré les terres inconnues
situées aux limites du dicible et de l’indicible. Etablissant un climat
de confiance, il a pu creuser dans les profondeurs de la conscience et dégager
ce sentiment enfoui de culpabilité au cœur du « syndrome
du survivant » (« Pourquoi moi, et pas les autres ? »).
Il montre combien grande est la tension chez nombre de déportés
entre leur rage de transmettre et leur impuissance à communiquer.
La thèse d’Annette Wieviorka Déportation
et génocide : mémoire et oubli illustre cette rage.
Les témoignages - écrits - ont été beaucoup plus
nombreux dans l’immédiat après-guerre qu’on ne la cru. Mais
l’opinion n’était pas prête à recevoir ce type de discours.
Selon Annette Wieviorka, il n’y a pas eu indicibilité, car les messages
ont été émis, mais plutôt mauvaise réception
de la part de la société du moment. Celle-ci n’était
pas prête en 1945 à « recevoir », parce
qu’elle ne comprenait pas l’inimaginable et les outils conceptuels permettant
l’appréhension du phénomène du génocide n’existaient
pas. « Personne n’avait envie de nous entendre. Ce que nous disions
était trop dur, pouvait paraître cynique. Il aurait fallu peut
être que nous disions les choses avec plus de précaution ». Ces exemples prouvent que le croisement
des sources écrites et des sources orales est également nécessaire
pour écrire l’histoire de la mémoire. Les premières montrent
que le « dit » a été important dès
1945. Mais cette émergence représente peu par rapport à
l’immense masse immergée de l’indicible. Seul le témoignage
oral peut éclairer cette face cachée et révéler
les défaillances de la réception sociale, ainsi que l’incommunicabilité
entre les déportés et la société dans l’immédiat
après-guerre. Il faudrait prolonger cette recherche historique dans
le temps et voir si l’effet en retour sur l’émission du message des
rescapés des camps n’a pas été le tarissement, jusqu’aux
années soixante-dix.
Ce sont sans doute les problèmes de datation des étapes de la
construction de la mémoire qui sont les plus délicats à
régler. L’enquête orale met bien en scène, à travers
les individus interrogés, les différentes composantes de la
mémoire collective, et révèle bien quels sont pour les
générations successives les évènements fondateurs
ou traumatisants, constitutifs ou destructeurs de l’identité de chacune
d’entre elles (1914-1918, 1936, 1940, la Résistance, la Libération,
la guerre d’Algérie, 1968). Cette reconstitution stratigraphique aide
à l’élaboration de la chronologie. Mais cette archéologie
de la mémoire n’est pas encore son histoire. Pour en construire les
jalons, il convient de multiplier et d’échantillonner les enquêtes
orales, à travers lesquelles les témoins, quel que soit leur
statut, sont appréhendés, non plus seulement pour ce qu’ils
ont fait, mais pour ce qu’ils ont été, dans la globalité
de leur vie. Une meilleure connaissance non seulement de la mémoire
nationale, mais aussi des cultures et des identités de groupe, dans
le temps présent, est à ce prix.
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