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Présentation
par Anne-Marie Pathé et Henry Rousso
Pour la première fois depuis sa création, en 1978, et dans le cadre de l’informatisation - aujourd’hui en voie d’achèvement - de sa bibliothèque et de son centre de documentation, l’IHTP a entrepris un classement systématique de ses fonds d’archives écrites et orales, et de ses dossiers documentaires.s
Origine des fonds
Pour comprendre la nature de ces fonds, il faut rappeler d’un mot l’histoire de l’IHTP. Celui-ci a succédé au Comité d’histoire de la Deuxième Guerre mondiale (CHDGM), créé en 1951, qui était lui-même issu de la fusion de la Commission d’histoire de l’Occupation et de la Libération de la France (CHOLF), fondée en 1944, et du Comité d’histoire de la guerre , institué en 1945. L’une des missions du CHDGM était de recueillir et de préserver des fonds documentaires de la période 1939-1945, de nature publique et privée, française, allemande ou autre. En 1980, le secrétariat général du gouvernement prenait la décision de disjoindre l’héritage proprement scientifique du Comité de son patrimoine documentaire. Le premier était dévolu à l’IHTP, une nouvelle unité propre de recherche du CNRS, tandis que le second était réparti entre plusieurs institutions. C’est ainsi que les archives proprement dites ont été versées aux Archives nationales (série 72 AJ), à la suite de la promulgation de la loi du 3 janvier 1979 sur l’organisation des archives publiques. Une partie des originaux de la presse clandestine et des tracts de la Résistance ont rejoint la Bibliothèque nationale afin de compléter ses fonds et constituer des collections cohérentes. Enfin, la photothèque a été versée au secrétariat d’État aux anciens combattants [1] . Pour sa part, l’IHTP a conservé les ouvrages et les collections de périodiques, notamment sous forme de microfilms.
La dissolution du CHDGM et la dévolution de ses archives n’ont toutefois pas mis un terme à la mission patrimoniale qui était la sienne, que l’IHTP a pour partie reprise à son compte en raison de la conjonction de deux facteurs. En premier lieu, en accord avec les Archives nationales, l’IHTP a pu conserver des doubles de presque tous les documents et témoignages recueillis par le CHDGM sur les mouvements et réseaux de résistance, et plus généralement sur l’Occupation. Le motif en était que plusieurs enquêtes du comité n’étaient pas terminées, et que l’IHTP, même si sa mission officielle était de travailler en priorité sur l’après-guerre, allait continuer de mener des investigations approfondies sur la période 1939-1945. C’est d’autant plus vrai que l’anamnèse en cours sur la période de l’Occupation allait très vite dynamiser les recherches sur cette question et faire de l’IHTP un des lieux actifs du renouvellement historiographique opéré dans les vingt dernières années.
En second lieu, la tradition de dépôt de fonds privés qui avait nourri le centre de documentation du CHDGM s’est maintenue avec l’IHTP. De nombreux acteurs de la dernière guerre, célèbres ou anonymes, ont tenu à y déposer leurs papiers personnels, conférant à l’IHTP une place reconnue parmi les centres d’archives contemporaines [2] . Cette fonction, ne s’est d’ailleurs pas limitée aux seuls documents de la période 1939-1945, mais s’est appliquée également à ceux de périodes plus récentes, en liaison directe avec les activités et les thématiques de recherche du laboratoire. Ce lien entre recueil de fonds privés et activités de recherche est l’autre élément essentiel pour comprendre l’originalité des fonds de l’IHTP, dont la nature disparate résulte d’une collecte aléatoire et non d’une recherche systématique, ce qui n’est pas dans sa vocation, ni dans ses moyens. C’est ainsi que la motivation première des déposants a été très souvent l’idée que les fonds conservés dans une institution de recherche et non dans une institution à seule vocation patrimoniale seraient plus vite exploités par les chercheurs, une intuition qui s’est avérée entièrement justifiée.
Nature des fonds
La bibliothèque de l’IHTP est donc plus qu’une simple bibliothèque recelant des collections originales d’ouvrages et de périodiques [3] . Elle est un véritable centre de documentation qui regroupe de surcroît des séries documentaires réparties en trois grandes catégories : un fonds d’archives écrites (série ARC), une série de dossiers documentaires (série DP), un fonds d’archives orales (séries ENT, COL, SEM et CONF). Ces trois ensembles portent d’une manière générale sur l’histoire de la Seconde Guerre mondiale, de sa mémoire et de ses séquelles (environ 40% du total des fonds) ; sur l’histoire de la décolonisation et de sa mémoire (environ 10%) ; et enfin sur des questions diverses touchant à l’histoire du monde contemporain au sens large du terme (environ 50%).
1) Archives, témoignages et documents écrits
C’est l’ensemble le plus important avec environ 65 mètres linéaires regroupant 175 items ou cotes au total : 25 mètres linéaires (148 cotes) sur la Seconde Guerre mondiale, 8 mètres linéaires (11 cotes) sur la décolonisation, et enfin 32 mètres linéaires (16 cotes) sur le monde contemporain.
Les fonds consacrés à la Seconde Guerre mondiale (cotes ARC 001—> [4] et la série des microfilms) comportent des documents de diverse nature. On y trouve des archives émanant des autorités allemandes d’occupation, en particulier du Militärbefehlshaber in Frankreich, du SIPO-SD, de l’ambassade d’Allemagne, dans des séries qui ne sont pas homogènes, les documents provenant soit de microfilms faits par le CHDGM, soit de copies de documents saisis par les Alliés. C’est un support très utile pour la recherche mais qui ne peut en aucun cas remplacer les fonds originaux, aujourd’hui tous regroupés en Allemagne. On trouve également des documents émanant de la Résistance et de la France libre, et une série importante de documents de propagande (brochures, tracts, opuscules...) du gouvernement de Vichy, classés par grands thèmes (propagande antisémite, anti-maçonne, anglophobe, à destination des prisonniers de guerre, etc. [5] ).
On trouve surtout - c’est la partie la plus riche du fonds - de très nombreux témoignages inédits : journaux, mémoires, essais manuscrits, témoignages circonstanciés, qui peuvent aller du véritable ouvrage rédigé de plusieurs centaines de pages [6] à de simples notes, prises parfois dans des conditions extrêmes [7] , voire à une simple lettre [8] . Le caractère disparate de ces pièces est un choix assumé qui résulte de la philosophie générale de la collecte. La plupart du temps, les donateurs ont en effet eu le sentiment que l’IHTP était parmi les rares lieux pouvant accueillir ce type de traces, d’un volume parfois insignifiant malgré une très forte charge affective ou symbolique. La taille même du centre de documentation, relativement modeste comparée aux grands centres d’archives, permettait que ces pièces soient très vites repérées par des chercheurs et donc d’éviter qu’elles ne soient noyées au milieu de séries plus imposantes. C’est d’autant plus important à signaler que, très souvent, ces témoignages de nature et d’origine diverses portent sur les souffrances spécifiques de la période : la répression contre les résistants, les internements, la persécution des juifs, la déportation raciale ou politique, le travail forcé en Allemagne, la captivité. Leur conservation dépasse donc la simple opération d’archivage et touche à une frontière où se rencontrent l’histoire et la mémoire.
Enfin, l’IHTP, on l’a vu, conserve des doubles des archives du CHDGM (la série 72 AJ des Archives nationales) qui concernent pour l’essentiel l’histoire des mouvements et des réseaux de résistance français. Comme pour les documents allemands signalés supra, il est conseillé de consulter cette série en parallèle à la série complète des Archives nationales.
Enfin, une grande partie de ces fonds d’archives concerne d’autres questions intéressant l’histoire récente (cotes ARC 3000 et suivantes). On trouve par exemple des archives de personnalités politiques ou qui ont joué un rôle politique : Pierre Alekan, Jules Moch, Joë Nordmann, Jean Pronteau. On trouve également des archives assez importantes sur l’histoire de la politique économique en France dans la période 1950-1980 : documents sur la planification (du Ier au IXe Plan), sur la politique énergétique, sur le ministère de l’Industrie, sur le « Groupe Matignon » constitué auprès du Premier ministre Pierre Mauroy. On trouve des documents concernant les mouvements d’étudiants ou d’extrême gauche dans les années 1960-1970, ou encore des fonds très particuliers, comme les archives du « Comité pour sauver Sarah », constitué en 1995-1996 pour sauver la jeune Sarah Balagan, condamnée à mort dans les Émirats arabes unis.
2) Les dossiers documentaires
Les dossiers ou fonds documentaires, au contraire des archives, ont été directement constitués par les responsables de la bibliothèque ou par les chercheurs, dans une logique proche de la veille documentaire. Ils sont constitués de documents primaires (dossiers de presse, extraits d’articles ou d’ouvrages...) ou de littérature grise (notes, rapports, documents judiciaires publics...). Leur intérêt réside précisément dans leur caractère thématique et dans le fait qu’ils portent sur des problèmes historiques, historiographiques ou « mémoriels » liés à l’actualité de ces vingt dernières années, ou parfois remontant à l’immédiat après-guerre.
Ce fonds, comme le précédent, et pour des raisons d’homogénéité, se subdivise lui aussi en trois ensembles : l’héritage et la mémoire de la Seconde Guerre mondiale (cotes DP 001 et suivantes), l’histoire des décolonisations (cotes DP 2000 et suivantes) et un ensemble consacré à diverses questions d’histoire contemporaine (cotes DP 3000 et suivantes) [9] .
Dans l’ensemble consacré à l’héritage des années de guerre, on trouve des dossiers sur certains épisodes judiciaires de l’après-guerre (procès Pétain, procès de Bordeaux), sur les trois grands procès français pour crimes contre l’humanité (Barbie, Touvier, Papon), sur les très nombreuses polémiques qui ont émaillé l’histoire du souvenir de la guerre, que ce soit à propos des commémorations, des archives, d’ouvrages ou d’articles de presse, etc.
L’ensemble consacré à la décolonisation est composé de deux rubriques. La première rassemble divers dossiers sur la guerre d’Indochine (affaire des généraux, affaire du trafic des piastres, polémique autour de Georges Boudarel ). La deuxième porte sur les débats récents sur la guerre d’Algérie : la manifestation du 17 octobre 1961 et la pratique de la torture par l’armée française.
Enfin, dans l’ensemble touchant à des questions diverses, on trouve des dossiers directement liées à certaines thématiques anciennes ou récentes de l’IHTP : sur l’histoire politique française, sur le Bicentenaire de la Révolution française, sur la guerre du Golfe, sur le communisme et le post-communisme, etc.
3) Les archives orales
Le fonds d’« archives orales », dont le classement a été tout récemment opéré, regroupe quatre grandes séries de nature diverse, qui porte également sur la Seconde Guerre mondiale, les décolonisations et quelques grandes questions d’histoire contemporaine.
Le terme « archives orales » est utilisé ici par commodité. La série ENT est constitué de 144 entretiens avec des acteurs et témoins de l’histoire, réalisés en général par des chercheurs de l’IHTP. Certains ont été recueillis dans le cadre de campagnes systématiques et à des fins d’archivage (comme le fonds spécifique consacré à Pierre Mendès France et au mendésisme, qui comprend près d’une centaine d’entretiens avec des personnalités du monde politique, économique ou culturel des années 1950-1980), et sont donc des « archives orales » au sens strict du terme. D’autres ont été réalisés au fil des recherches individuelles, et non, à l’origine, pour être archivés. Si ces documents sont devenus des « archives orales », ils étaient à l’origine plutôt des « sources orales », créés par un chercheur précis, et qui ont désormais vocation à servir à d’autres recherches le cas échéant [10] .
Les séries COL (48 colloques et 7 conférences isolées) et SEM (23 séminaires) regroupent les enregistrements des manifestations organisées par l’IHTP ces vingt dernières années, et qui comprennent très souvent, outre des interventions de chercheurs, des témoignages de personnalités et d’acteurs célèbres ou anonymes de l’histoire du second vingtième siècle. Ces archives sont à consulter en parallèle avec les ouvrages qui en sont issus, notamment pour les débats qui n’ont été que très rarement publiés.
Règles de communication des documents
Institution publique de recherche, l’IHTP applique évidemment la législation en vigueur en ce qui concerne la communication des pièces et documents. Celle des archives publiques (notamment le fonds 72 AJ) sont soumises à la loi du 3 janvier 1979 et au décret du 3 décembre 1979 relatif à la communicabilité des documents d’archives publiques, mais aussi à la circulaire du Premier ministre du 2 octobre 1997, relative à l’accès aux archives publiques de la période 1940-1945. La consultation des archives privées, les plus importantes, est soumise à un régime fixé d’un commun accord par le donateur et l’IHTP. D’une manière générale, la presque totalité des fonds détenus par l’IHTP est libre à la consultation. Il peut arriver que pour certains fonds, une autorisation du directeur de l’IHTP ou du donateur et des ayants droit, soit nécessaire. Celle-ci est en général donnée sous quinzaine et les refus ont été rarissimes ces dernières années.
En effet, la philosophie qui a présidé à la constitution même du centre de documentation de l’IHTP a été orientée vers l’exploitation immédiate des fonds, d’autant que nombre de documents ont été utilisés dans des recherches collectives ou individuelles. L’ouverture est donc la règle générale, l’accès réservé, une exception.
Perspectives possibles de recherche
L’intérêt des fonds détenus par l’IHTP est double. D’une part, ils constituent un apport non négligeable à l’étude de certaines questions qui ont constitué des points forts de l’activité de l’IHTP (le nazisme et la Seconde Guerre mondiale, les conflits coloniaux, l’histoire politique et économique contemporaine). D’autre part, par leur dimension, par leur accès très aisé, par le fait qu’ils sont consultables au sein d’une bibliothèque et d’un centre de recherche, ils constituent des sources idéales pour des mémoires de maîtrise ou de DEA, et donc des points de départ pour une formation à la recherche.
S’il n’est pas possible d’en indiquer ici toute la richesse, sont signalées toutefois, à titre indicatif, quelques pistes ou sujets de recherche susceptibles d’être menés à partir des fonds les plus marquants, en prenant des exemples dans chacun des grands thèmes pour lesquels existe une documentation importante [11] :
les nombreux témoignages, journaux de guerre et d’occupation, mémoires inédits, sont des indicateurs très précieux sur l’étude différenciée de la souffrance pendant la guerre, de la vie quotidienne, des disparités régionales, des différences de génération, etc. ;
le fonds Émile Delavanay (ARC 042), d’une grande richesse avec plus de 500 entretiens menés par les services de la BBC avec des Français venus de France occupée, est un excellent point d’observation de l’opinion publique en France pendant la guerre ;
le fonds Charles-Robert Ageron (ARC 2014) contient d’abondantes ressources documentaires sur le Plan de Constantine (1959-1963) ;
le fonds Jean Saint-Geours (ARC 2023) permettrait d’aborder les questions de la politique économique française, après l’arrivée au pouvoir de la gauche, à travers les travaux « Groupe Matignon », experts réunis autour du premier ministre, Pierre Mauroy, entre 1981 et 1987 ;
le fonds Jean Pronteau (ARC 2020), déjà exploité en partie [12], peut encore donner lieu à de nombreux sujets : l’activité d’un député communiste de province dans les années 1950, la vie d’une fédération communiste, celle de la Charente, dans les années 1960, la section économique du PCF avec les dossiers sur la Revue économique et politique, les rapports entre le parti communiste et le parti socialiste de 1978 à 1981, les stratégies de communication lors des élections de 1978 et de 1981, l’Institut socialiste d’études et de recherches (ISER), etc.
les archives du « Comité pour sauver Sarah » sont tout à fait appropriées pour mener une recherche en sociologie touchant au premier engagement civique des jeunes, et à la constitution de nouveaux espaces publics dans les années 1990-2000.
Il ne s’agit là bien entendu que de quelques suggestions. Il va de soi que les responsables de la bibliothèque et les chercheurs de l’IHTP pourront aider dans leurs investigations tous ceux qui sont intéressés par ces documents. Précisons enfin que le site internet de l’IHTP et son Bulletin publient régulièrement des mises à jour sur les fonds reçus et classés, et sur les travaux auxquels ils ont donné lieu.
Les inventaires ont été réalisés sous la direction d’Anne-Marie Pathé, pour l’ensemble des archives écrites, et de Danièle Voldman, pour les archives orales. Le fonds Pronteau a été classé par Jean-Marc Dreyfus, le fonds Nordmann par Liora Israël et Marie Pussier, le fonds Valloton par Laurent Joly, les archives du « Comité pour sauver Sarah » par Gabrielle Muc et les « doubles » 72 AJ par Maryvonne Le Puloch. Ont travaillé au classement et à l’inventaire des archives orales Micheline Brunetti, Jenny Eksl, Maryvonne Le Puloch, Gabrielle Muc. En outre, des étudiants ont apporté leur contribution ponctuelle aux divers inventaires au cours de leur stage à l’HTP. Enfin, Dominique Veillon a apporté ses conseils pour les fonds consacrés à la Seconde Guerre mondiale.
Les dossiers documentaires, à part quelques dons, ont été constitués principalement par Jean Astruc, Anne-Marie Pathé et Henry Rousso. Dans certains cas (procès Touvier), ils proviennent d’un argus de la presse.
[1] Les services de la photothèque sont situés au 37 rue de Bellechasse, 75700 Paris. Pour la consultation, il est conseillé de prendre rendez-vous en téléphonant au 01 44 42 17 47.
[2] Les lieux de conservation des archives de la Seconde Guerre mondiale ont fait l’objet d’une publication, qui résulte pour partie d’une étroite collaboration entre la direction des Archives de France et l’IHTP : Brigitte Blanc, Henry Rousso et Chantal de Tourtier-Bonazzi, La Seconde Guerre mondiale. Guide des sources conservées en France 1939-1945, Paris, Archives nationales, 1994, 1217 p.
[3] La bibliothèque compte plus de 20 000 ouvrages (dont 15 000 sur la période 1939-1945), et 1 250 titres de périodiques (dont 1 000 titres morts et 250 titres vivants). Cf. www.ihtp.cnrs.fr/page_accuei....
[4] À l’intérieur des grandes rubriques, les documents sont classés suivant une numérotation en continu, correspondant dans la plupart des cas à leur ordre d’arrivée à l’IHTP. Les versements étant de nature et d’origine diverses, le terme général « archives » recouvre des types de documents très différents. À une présentation par catégorie de documents, il a été préféré une présentation linéaire par ordre de cote qui respecte le caractère hétérogène du versement initial, même s’il y a des disparités de volume ou de nature de documents d’une cote à l’autre.
[5] ARC 074.
[6] C’est le cas des dix-neuf cahiers de Hyacinthe Chobaut rédigés entre 1939 et 1946, soit 4 000 pages environ (ARC 083).
[7] On peut citer entre autres les écrits d’Alfred Balachowsky pendant son internement au camp de Buchenwald, 1944-1945 (ARC 037) et le dernier papier de Salomon Juptzer, jeté du train qui l’emportait en déportation le 15 mai 1944 (ARC 093).
[8] C’est le cas de la cote ARC 1000/14 qui est une courte lettre d’une ressortissante hollandaise, d’origine juive, adressée à l’ambassade de France à La Haye (qui l’a déposée officiellement à l’IHTP), au moment du procès Papon, pour témoigner du fait qu’un fonctionnaire français lui avait sauvé la vie alors qu’elle se trouvait en France sous l’Occupation.
[9] Il faut noter par ailleurs que certains dossiers de presse font partie intégrante de certains fonds d’archives. En voici la liste avec la cote correspondante (pour plus de précisions se reporter à la présentation des fonds ARC 2000 et suivantes) :
ARC 2002 : Alger, 13 mai 1958, constitution du « Comité de Salut public ».
ARC 2009 : Le terrorisme en Europe, 1976-1981.
ARC 2009 : L’extrême gauche en France, 1981-1984.
ARC 2009 : Les syndicats en France, 1981-1984.
ARC 2013 : Les émeutes de Casablanca (Maroc) 8 décembre 1952 ; guerre d’Algérie (presse divers, 1958-1962) ; Algérie indépendante (presse divers, 1963-1971).
ARC 2016 : Guerre d’Algérie, coupures de presse, Le Monde, 1954-1962.
ARC 2018 : Autour des problèmes de la presse : Le Parisien Libéré, 1975-1977 ; Le Figaro, 1975 ; Politique hebdo, 1970-1972.
ARC 2021 : « Pour sauver Sarah Balabagan », presse 17 septembre 1995-26 janvier 1996.
[10] Sur la distinction « archives » orales et « sources orales », cf. Danièle Voldman (dir.), La bouche de la vérité. La recherche historique et les sources orales, Les Cahiers de l’IHTP, n° 21, novembre 1992, 161 p. À noter que la bibliothèque de l’IHTP possède un fonds bibliographique important sur l’histoire orale.
[11] Parmi les exploitations déjà effectuées, on peut noter :
À partir du fonds Victor Guillermin (ARC 091 1-2) deux mémoires de maîtrise ont été soutenus, La Grande guerre de Victor Guillermin : étude de ses carnets de combattant (1er août 1914 - 3 septembre 1917) par Yves Couant, université de Paris I, juin 2000 et Un ingénieur français et son entreprise. Les hauts fourneaux de la Chiers pendant la Seconde Guerre mondiale (août 1939-septembre 1945), par Anne Thomazeau, université de Paris X/ENS Cachan, juin 2001.
Le fonds Joë Nordmann (ARC 3015) a donné lieu à un mémoire de maîtrise de sociologie : L’affaire Kravchenko, 1949. Être avocat et communiste en France dans l’après-guerre, par Marie Pussier, université de Paris X/ENS Cachan, septembre 2000, et fait à l’heure actuelle l’objet d’une thèse de sociologie, par Liora Israël, doctorante associée à l’IHTP et assistante monitrice normalienne à l’ENS Cachan.
Le fonds Hyacinthe Chobaut (ARC 083) est actuellement exploité dans le cadre d’une thèse de l’École des Chartes.
[12] C’est le cas d’une thèse en cours : « Biographie politique de Jean Pronteau » et d’une autre sur les Forces unies de la jeunesse patriotique (FUJP).
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