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MÉMOIRES ET HISTOIRES DU TEMPS PRÉSENT EN AMÉRIQUE LATINE ET ESPAGNE

MÉMOIRES ET HISTOIRES DU TEMPS PRÉSENT EN AMÉRIQUE LATINE ET ESPAGNE

Dans la lignée des précédentes éditions de ce séminaire, nous centrerons notre réflexion sur le « retour de l’événement » tel qu’il apparaît explicitement à travers certaines commémorations (comme les bicentenaires des révolutions d’Indépendance de l’Amérique latine) ou au détour de certains faits marquants de ces dernières décennies. Nous l’examinerons en liaison avec une actualité récente, en reconsidérant son influence sur la redéfinition des concepts majeurs de l’histoire du temps présent latino-américain. Les populismes, nationalismes et autres mouvements d’idées et pratiques politiques seront abordés à travers le prisme des reconfigurations historiographiques de type académique, mais également des résurgences de l’histoire officielle et des révisionnismes. Dans l’indispensable perspective comparée qui est la nôtre, il sera porté une attention particulière à l’Espagne, à l’héritage persistant du franquisme et à des luttes de mémoires inscrites sur le long terme.

Les multiples formes du conflit politique, des mouvements sociaux du XXe siècle — comme en Argentine ou au Brésil, au Venezuela, à Cuba, en Uruguay ou encore en Espagne — aux répercussions des grands événements mondiaux, telles les Guerres mondiales, la Guerre froide, les révolutions socialistes ou la globalisation – seront analysées à l’aune des imaginaires sociaux. Nous tiendrons compte également des représentations politiques et stratégiques qui président aux situations de paroxysmes guerriers ou politiques. Nous nous intéresserons à une question généralement peu abordée, la dimension disciplinaire des mémoires à partir de l’étude des effets pédagogiques des catastrophes sociales telles que le terrorisme d’État, l’hyperinflation ou les guerres. Il s’agit de comprendre la manière dont la mémoire participe à la construction de mécanismes ou d’instruments de régulation violente de la société, révolutions comprises. Le positionnement des Eglises face à la violence sera également évoqué.

Nous poursuivrons par ailleurs notre réflexion sur le statut de l’historien dans une cité du temps présent confrontée à l’ingérence constante des pouvoirs civil et militaire ainsi qu’à une surexposition médiatique, ainsi que sur la confrontation histoire/mémoire(s), dans laquelle les régimes d’historicité vont de pair avec la constitution de régimes émotionnels. L’écriture de l’histoire sera par conséquent appréhendée dans ses diverses acceptions — académique, médiatique, publique— et dans ses différents modes d’expression, des sciences humaines aux humanités numériques en passant par l’histoire visuelle.

PROGRAMME DU SÉMINAIRE 2016-2017